Activités Culturelles
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Courses des pirogues
Une course de pirogue. Dit comme ça, cela n'a l'air de rien. En réalité c'est une compétition particulièrement impressionnante, féroce même, quand des dizaines de pirogues embarquant chacune une quarantaine de rameurs s'élancent sur un fleuve aux eaux pas toujours tranquilles, s'entrechoquant et chavirant, parfois. Sur les rives, des centaines et des centaines de Banguissois applaudissaient les concurrents.
Le speaker hurle dans le mégaphone. Et soudain, les vingt pirogues s’élancent dans un nuage d’écume au rythme des tambours qui battent la cadence. Une clameur s’élève des berges où se massent les habitants de Bangui, pour la fête nationale centrafricaine.
La course de pirogues est le point d’orgue des célébrations du 1er décembre, mais les Centrafricains en ont été privés pendant plusieurs années depuis que leur pays, parmi les plus pauvres du monde, se déchire dans une sanglante guerre civile.
Cette tradition qui remonte à l’époque coloniale française a été victime des combats féroces qui ravagent la Centrafrique depuis qu’une coalition de groupes armés a renversé le président François Bozizé en 2013. La capitale plonge alors dans l’horreur des affrontements communautaires.
Mais depuis 2016, le gouvernement a remis la course au programme. Les combats ont considérablement baissé d’intensité depuis 2019, permettant une reprise timide de cette très populaire joute annuelle dans une capitale relativement épargnée par les violences quand deux tiers du pays sont encore sous la coupe des groupes rebelles.